En France, l’inflation a nettement ralenti ces dernières années : +4,9 % en 2023, +2,0 % en 2024, puis +0,9 % en 2025 (moyennes annuelles, Insee). Autrement dit : la pression baisse, mais tes habitudes de dépenses “automatiques” (petits extras, sorties, achats impulsifs) peuvent continuer à grignoter ton budget sans que tu t’en rendes compte.
C’est exactement là que le no-spend challenge devient intéressant… surtout si tu le fais sans te punir et avec les bonnes apps.
Le no-spend challenge (version utile, pas version extrême)
Un no-spend challenge, c’est un défi sur une durée courte (souvent 7, 14 ou 30 jours) où tu gèles les dépenses non essentielles. Tu continues évidemment à payer le nécessaire (logement, courses, transport, factures, santé), mais tu mets sur pause le “nice-to-have”.
L’idée n’est pas de “ne rien dépenser” au sens littéral. L’idée, c’est de couper le réflexe : “je dépense parce que c’est pratique / parce que j’ai eu une journée nulle / parce que c’est une promo.” (Ce format “no spend month/no spend January” est aussi devenu un trend récurrent sur les réseaux.)
Pourquoi ça marche (quand c’est bien cadré)
- Tu réduis les dépenses discrétionnaires sans renégocier toute ta vie.
- Tu repères vite tes déclencheurs (fatigue, ennui, scroll, “petite récompense”).
- Tu convertis le “non” en choix conscient : je garde mon argent pour X.
Les règles qui te font tenir (sans souffrir)
Voici la version que je conseille, parce qu’elle évite le piège “tout ou rien”.
- Règle 1 — Ta liste “OK / Pas OK” écrite noir sur blanc
Exemple : OK = courses, essence, cantine, médicaments. Pas OK = take-away, shopping “juste pour regarder”, nouveaux abonnements, livraisons “par flemme”. - Règle 2 — Une exception “sociale” (optionnelle, mais salvatrice)
Si tu as une famille ou une vie sociale active : fixe un budget mini “liens sociaux” (ex. un café/semaine). Ça évite l’effet cocotte-minute. - Règle 3 — Une règle anti-impulsion
Tout achat non essentiel passe en liste d’attente 48 h. Souvent, l’envie tombe toute seule. - Règle 4 — Tu mesures, sinon tu n’y crois pas
Le no-spend devient motivant quand tu vois “avant/après” par catégorie, pas juste “j’ai été sage”.
C’est là que les apps changent tout : elles te donnent des repères concrets (catégories, alertes, budgets, abonnements) au lieu de te demander de “résister” en permanence.
5 apps testées “comme si c’était mon défi” (et comment je les utilise)
1) Bankin’ — Pour mettre des garde-fous simples (budget + alertes)
Comment je l’ai utilisée pendant un no-spend : je me suis servi de Bankin’ comme d’un “tableau de bord” : un budget mensuel + des alertes qui me préviennent dès qu’un truc commence à déraper.
Le détail pratique (chiffré) que j’aime bien : Bankin’ explique que, lors de la création/modification d’un budget, l’app peut proposer un montant basé sur la moyenne des dépenses réelles des 3 derniers mois (hors mois en cours), et arrondir à la centaine la plus proche (ex. 845 € → 800 €). Par catégorie, la suggestion peut être une moyenne sur 3 mois arrondie à la dizaine (ex. 112 € → 110 €).
Résultat : tu pars d’une base réaliste, sans passer deux heures à tout estimer.
Points forts
- Budgets “démarrage rapide” (moyennes/arrondis) : ça aide si tu procrastines.
- Notifications paramétrables : tu peux te prévenir sur des seuils de dépenses/solde (utile en mode défi).
Points faibles
- L’automatisation peut mal classer certaines opérations (il faut parfois corriger).
- Si tu veux une logique “enveloppes ultra stricte”, ça dépend de ton style : ce n’est pas l’approche la plus “zéro-based” du marché.
2) Linxo — Pour une vision multi-banques + des alertes (utile en couple/famille)
Comment je l’ai utilisée : en mode “hygiène” : je synchronise tout, je laisse la catégorisation automatique faire le gros du travail, puis je vérifie 5 minutes tous les 2–3 jours. En no-spend, cette régularité est plus efficace qu’une grosse session par semaine.
Ce que j’ai trouvé très concret : sur sa page App Store, Linxo met en avant la synchronisation quotidienne avec près de 320 banques et types de comptes, la catégorisation automatique, des notifications (dépenses carte élevées, frais bancaires, etc.) et un statut “agréée par la Banque de France” avec un numéro d’agrément indiqué.
Points forts
- Très pratique si tu as plusieurs comptes (perso/joint, banque + carte, etc.).
- Notifications et catégorisation : bon combo pour éviter les “petites fuites”.
Points faibles
- Selon ton niveau d’exigence, tu peux trouver la version gratuite limitée.
- Comme toutes les apps d’agrégation, la synchro peut parfois demander une réauthentification (ça arrive).
3) YNAB — Pour transformer le no-spend en “choix” plutôt qu’en privation
Comment je l’ai utilisée : pas comme un simple tracker, mais comme un outil de décision. Quand j’hésite à acheter un extra, je regarde la catégorie correspondante : si elle n’est pas financée, je dois déplacer de l’argent depuis une autre priorité. Ça rend le “non” beaucoup plus facile, parce que tu vois ce que tu sacrifies.
Le principe clé (très no-spend-compatible) : la méthode YNAB résume l’idée ainsi : tu assignes chaque euro/dollar à une catégorie (“give every dollar a job”), puis tu vérifies ton plan avant de dépenser et tu ajustes en déplaçant de l’argent entre catégories si besoin.
Points forts
- Excellent pour un no-spend “sans torture” : tu remplaces l’interdit par l’arbitrage.
- Très puissant pour préparer les dépenses irrégulières (annuelles, imprévus, etc.).
Points faibles
- Courbe d’apprentissage : si tu veux du “plug-and-play”, ça peut te sembler trop structuré.
- C’est une philosophie (et un outil) : il faut accepter de s’y tenir quelques semaines.
4) Revolut — Pour analyser tes dépenses et te fixer un budget dans l’app
Comment je l’ai utilisée : comme un “miroir rapide”. Je vérifie l’onglet analytics/budgeting en fin de journée ou de semaine pour voir où part l’argent (widgets dépenses, revenus, cashflow). En no-spend, cette visualisation réduit le flou.
Ce que Revolut décrit clairement : son centre d’aide explique que le tableau de bord “Analytics” regroupe tes insights (dépenses, revenus, cashflow, etc.) et permet aussi de mettre en place un budget directement dans l’app.
Points forts
- Très pratique si une grosse partie de tes dépenses passe par Revolut.
- Visualisation simple : parfait quand tu veux juste “voir vite” et corriger.
Points faibles
- Si tu utilises plusieurs banques/cartes, l’image peut être partielle (selon tes usages).
- Moins “méthodique” qu’un outil spécialisé type YNAB si tu veux une approche enveloppes.
5) Bobby — Pour traquer tes abonnements (et éviter les dépenses fantômes)
Comment je l’ai utilisée : en no-spend, je traite les abonnements comme des “dépenses automatiques à auditer”. Bobby sert de liste unique : je rentre chaque abonnement, son prix, sa fréquence, et je mets des rappels avant l’échéance.
Ce que l’app met en avant : Bobby présente une vue claire de tes abonnements et des factures à venir, et surtout des notifications quand une facture arrive — utile pour éviter les frais de retard et pour décider à temps si tu gardes ou non un service.
Points forts
- Idéal pour un no-spend : tu attaques les dépenses “invisibles” plutôt que de te priver sur tout.
- Rappels = meilleure maîtrise (et moins de “mince, c’était renouvelé hier”).
Points faibles
- Ce n’est pas une app bancaire : tu dois entrer tes abonnements (au moins une fois).
- Si tu veux une synchronisation automatique depuis tes transactions, il faudra plutôt un agrégateur bancaire (Bankin’/Linxo).
Tendances actuelles (et ce que ça change pour ton défi)
- Le no-spend est devenu un format “challenge” viral (souvent sur 30 jours), avec un retour fort du “no spend January” : ça normalise l’idée de faire une pause de consommation, mais ça peut aussi pousser à des règles trop strictes si tu copies un modèle qui n’est pas le tien.
- Les apps misent de plus en plus sur l’automatisation (catégorisation, agrégation multi-banques, alertes) : ça aide énormément… à condition de garder une vérification rapide, sinon tu subis des classements faux.
- Le vrai nerf de la guerre, ce sont les dépenses récurrentes + les micro-achats : d’où le duo très efficace “agrégateur de budget + tracker d’abonnements”.
Conclusion
Un no-spend challenge qui tient, ce n’est pas un mois “sans plaisir” : c’est un mois où tu remets ton argent au service de tes priorités, avec des règles simples et des outils qui réduisent la charge mentale. Les bonnes apps ne te rendent pas parfait : elles te rendent constant.
Sources:
- Insee — En 2025, nouveau ralentissement des prix à la consommation en moyenne annuelle
- Insee — En 2024, fort ralentissement des prix à la consommation en moyenne annuelle
- Insee — En 2023, léger ralentissement des prix à la consommation en moyenne annuelle
- Bankin’ — Comment fonctionne le Budget sur Bankin’ ? (Centre d’aide)
- Bankin’ — Gérer mes notifications dans Mes Activités (Centre d’aide)
- Linxo — App Store (description de l’app)
- YNAB — The YNAB Method / The Four Rules
- Revolut — What is the analytics dashboard? (Help Centre)
- Bobby — App Store (description de l’app)
- Fidelity — No spend challenge: How to do a no-spend month
- CNBC — No-spend month: The pitfalls of this viral savings challenge
- Bustle — TikTok’s “No Spend Challenge,” Explained



