En 2024, 3,5 milliards de textiles/habillement/chaussures ont été mis sur le marché en France (environ 891 309 tonnes). Et pourtant, la collecte n’a représenté que 289 393 tonnes, soit 4,2 kg par habitant. Autrement dit : on achète énormément… et on a intérêt à faire circuler plus malin, surtout quand il s’agit de vêtements d’enfants. (Source : Refashion – chiffres clés 2024)

Le principe : “Kinderkleidung sparen” avec des apps de troc

“Kinderkleidung sparen mit Tausch-Apps”, en version simple : tu dépenses moins en faisant tourner les vêtements (et parfois les jouets) via des applis qui permettent de :

  • échanger (troc direct ou via une monnaie/points),
  • donner (gratuit, souvent local),
  • revendre (seconde main entre particuliers),
  • acheter d’occasion au lieu du neuf.

Dans la vraie vie, ça marche très bien parce que les vêtements d’enfants ont souvent deux caractéristiques :

  1. ils sont portés peu de temps (taille qui change vite),
  2. ils restent parfois en très bon état.

Ce que j’ai appris en testant ce type d’apps

Au fil des essais, trois “réflexes” font vraiment la différence :

  • Poster en lots (pyjamas, bodys, t-shirts) : moins de temps, plus de chances de partir vite.
  • Être carré sur l’état : “très bon état” vs “bon état”, taches, boulochage… ça évite les litiges.
  • Favoriser le local quand c’est possible : tu économises sur la logistique (et c’est souvent plus rapide).

5 apps pratiques (avec avantages et limites)

1) Beebs by Kiabi — la seconde main “spécial famille”

Mon ressenti : c’est l’app où j’ai eu le plus l’impression d’être “dans un univers parents”, avec beaucoup de catégories et une approche très “bons plans”.

Ce que l’app met en avant :

  • Plus de 6 millions de “bonnes affaires” et des prix annoncés “jusqu’à 80% moins cher”. (Beebs)

Points forts

  • Offre large “famille” (pas que vêtements) et navigation assez fluide.
  • Paiement et parcours d’achat pensés pour éviter les échanges interminables de messages. (Beebs)

Points faibles

  • Ce n’est pas du troc pur : tu es sur un modèle achat/vente (donc frais + livraison selon cas).
  • Selon les articles, tu peux vite te retrouver à arbitrer entre “petit prix” et “frais de port”.

2) Vinted — la solution la plus simple pour revendre/acheter vite

Mon ressenti : imbattable pour “écouler” des tailles devenues trop petites et racheter la taille suivante, surtout si tu utilises les lots.

Deux infos utiles pour la France :

  • La France est le premier marché de Vinted, avec 23 millions d’utilisateurs (fin 2023). (Le Parisien, 22 mars 2024)
  • Les frais “Protection acheteurs” sont généralement calculés comme ~5% + 0,70 € (valeur indicative, dépend de la commande). (Vinted – liste des tarifs)

Points forts

  • Très gros choix : tu trouves souvent une taille/couleur “maintenant”, sans attendre.
  • Système structuré (achat intégré, protection, litiges). (Vinted – conditions)

Points faibles

  • Beaucoup de concurrence côté vendeurs : il faut soigner photos/prix pour sortir du lot.
  • Ce n’est pas du “troc”, donc si ton objectif est zéro euro, ce n’est pas le plus adapté.

3) Geev — pour récupérer (ou donner) gratuitement, près de chez toi

Mon ressenti : parfait pour les basiques, les lots “dépannage”, ou les affaires que tu veux faire partir vite sans t’occuper de prix.

Ce que Geev annonce :

  • 800 000 nouveaux objets chaque mois. (Geev)

Points forts

  • Gratuit et très orienté “local” (pratique quand tu veux éviter les envois).
  • Idéal quand tu veux donner sans “marchander”.

Points faibles

  • Tout dépend de ton secteur : certaines zones sont ultra actives, d’autres moins.
  • Il y a des règles d’usage (ex. limitation d’“adoptions” mensuelles en version gratuite). (CGU Geev)

4) MyTroc — du troc avec une monnaie interne (les “Noisettes”)

Mon ressenti : c’est l’approche la plus “anti-argent” du lot, pratique si tu aimes l’idée de convertir ce que tu donnes en capacité d’obtenir autre chose.

Comment ça fonctionne (côté règles) :

  • MyTroc encadre des échanges “non monétaires” via des Noisettes virtuelles. (MyTroc – CGV)
  • Les “Noisettes” sont une monnaie collaborative utilisable sur la plateforme, non convertible en euros (et il y a des mécaniques d’obtention). (MyTroc – CGU)

Points forts

  • Tu peux “valoriser” un vêtement sans le vendre : tu récupères des Noisettes et tu repars sur d’autres besoins.
  • Logique circulaire : tu échanges au lieu d’acheter.

Points faibles

  • Il faut accepter la logique “points” (et parfois attendre le bon match).
  • Moins instantané que l’achat/vente : la disponibilité dépend beaucoup de la communauté.

5) Jadis & Now — échange vêtements/jouets avec une cagnotte de points

Mon ressenti : l’idée est claire et franchement adaptée aux parents : tu déposes, tu gagnes des points, tu reprends ce dont tu as besoin.

Ce que la plateforme explique :

  • En déposant jouets/vêtements, tu alimentes une cagnotte de points, puis tu obtiens d’autres articles en dépensant ces points. (Jadis & Now)

Points forts

  • “Boucle” simple à comprendre : dépôt → points → nouveaux vêtements.
  • Très aligné avec l’objectif “économies” quand tu as un flux régulier (enfants qui grandissent, saisons qui tournent).

Points faibles

  • Offre dépendante du catalogue disponible au moment où tu cherches une taille précise.
  • Si tu veux des marques très spécifiques, tu peux être limité.

Tendances 2025–2026 : pourquoi ces apps explosent (et leurs limites)

Deux tendances poussent fort :

  • La pression sur le budget : la seconde main devient un réflexe (et les grandes plateformes prennent une place massive).
  • La tension sur la filière textile : la collecte/tri est sous pression avec la hausse des volumes et la baisse de qualité de certains textiles, au point d’avoir déclenché des mesures d’urgence et débats publics. (Le Monde, 17 juillet 2025)

Et côté “cap” officiel, l’objectif affiché est d’atteindre 60% de taux de collecte en 2028. (Refashion – chiffres clés)

À garder en tête : ces apps aident à économiser, mais elles ne remplacent pas tout. Parfois, tu vas gagner surtout du budget. D’autres fois, surtout du temps. Le bon mix dépend de ton objectif du moment (zéro euro, vider vite, trouver une taille précise, ou optimiser ton budget sur l’année).

Conclusion

Pour économiser sur les vêtements d’enfants, les “Tausch-Apps” (au sens large : troc + don + seconde main) marchent surtout quand tu choisis l’app selon ton besoin : rapidité (Vinted), univers familles (Beebs), gratuit/local (Geev), échange à points (MyTroc, Jadis & Now).

“Les résultats détaillés de cette campagne […] permettent […] d’avancer vers une société plus sobre en ressources.” — ADEME. (ADEME – MODECOM 2017)


Références