Tu retires l’équivalent de 100 € à l’étranger, et tu peux te retrouver à payer 5,50 € de frais “juste pour accéder à ton cash”. C’est l’ordre de grandeur moyen donné pour une carte bancaire classique (commission fixe + commission proportionnelle), d’après Panorabanques cité par Le Monde (26 juin 2025). Autrement dit : sur une semaine de vacances, quelques retraits et paiements peuvent suffire à transformer ton “petit” budget restos/activités en budget “frais bancaires”.

La bonne nouvelle : aujourd’hui, avec certaines apps de voyage (néobanques, cartes multi-devises, cartes adossées à des comptes en ligne), tu peux garder un contrôle très fin sur le taux de change, les limites gratuites, et surtout éviter les pièges qui coûtent cher.

Comprendre d’où viennent les “frais de change” (et comment tu les évites)

Quand tu payes ou retires en dehors de la zone euro, tu peux cumuler plusieurs couches de coûts :

  • La commission de ta banque : souvent une partie fixe + une partie en % (le ministère de l’Économie rappelle ce principe : ça dépend du type d’opération, de la carte et du pays).
  • Le taux appliqué : Visa/Mastercard appliquent un taux, et certaines banques ajoutent une marge.
  • Les frais du distributeur (DAB/ATM) : parfois, le distributeur lui-même facture une commission (affichée à l’écran avant validation).
  • La conversion “sur place” (DCC) : c’est le piège numéro 1.

Le piège à repérer : la DCC (conversion dynamique de devise)

La DCC, c’est quand le terminal ou le distributeur te propose :
“Tu veux payer/retirer en euros (ta monnaie) ou en monnaie locale ?”

Ça a l’air pratique… mais en général, tu paies plus cher, car la conversion inclut une marge et/ou des frais. Visa explique clairement que le commerçant/ATM doit afficher le taux et les frais, et que tu peux refuser la conversion.

Règle simple : choisis presque toujours la monnaie locale.
Tu laisses alors la conversion se faire via ton réseau de carte et/ou ton app, souvent plus compétitif et plus transparent.

La méthode “anti-frais” qui marche vraiment (sans te compliquer la vie)

Si tu veux éviter la majorité des frais de change, pense en 4 réflexes :

  1. Payer en monnaie locale (toujours refuser la DCC).
  2. Utiliser une carte/app qui ne rajoute pas de frais sur les paiements en devises, ou qui te laisse convertir au bon moment.
  3. Optimiser les retraits : moins souvent, montants plus cohérents (le ministère de l’Économie conseille d’éviter les multiples petits retraits qui multiplient les frais).
  4. Surveiller les limites gratuites (retraits et change mensuels) pour éviter les dépassements.

5 apps pratiques (testées “comme un vrai départ en vacances”) pour économiser

Je te présente 5 solutions disponibles en France, avec le même angle : paiements + retraits + change, et les points qui font la différence quand tu suis tes dépenses de près.


1) Revolut — flexible pour le change, à condition de respecter les limites

Ce que j’aime avec Revolut, c’est la sensation de “tableau de bord” : tu vois tes dépenses instantanément, tu peux détenir plusieurs devises, et tu comprends rapidement quand tu restes dans les conditions gratuites.

Ce que ça change sur les frais (selon les conditions Revolut France)

  • Sur l’offre Standard, il y a un plafond de change mensuel (au-delà, des frais s’appliquent).
  • Un point crucial : le week-end, Revolut indique qu’un frais de 1 % peut s’appliquer sur les conversions (c’est souvent là que les gens se font surprendre).
  • Côté retraits, l’offre Standard inclut une franchise (par exemple jusqu’à 200 € ou 5 retraits par période glissante), puis 2 % (min. 1 €) au-delà.

Avantages

  • Très bon pour préparer ton voyage : convertir à l’avance, gérer plusieurs devises.
  • Lisible : l’app te montre tes limites et ton plan.
  • Utile si tu alternes paiements carte + quelques retraits.

Inconvénients

  • Les limites mensuelles (change/retraits) peuvent te coûter cher si tu dépasses sans faire attention.
  • Les frais de week-end peuvent piquer si tu n’as pas pré-converti.

Astuce d’usage responsable

  • Si tu pars sur une période qui inclut un week-end, convertis en semaine ce que tu penses dépenser (sans surconvertir non plus). Et garde un œil sur le plafond de change de ton plan.

2) Wise — le “prix clair” du change, excellent pour payer et convertir proprement

Wise est très “budget-friendly” dans la philosophie : tu payes des frais affichés et tu profites du taux moyen du marché, au lieu d’une marge invisible.

Ce que j’ai constaté en mode “préparation de voyage”

  • L’app est super pratique pour convertir en amont et garder un solde dans la devise (quand c’est possible).
  • Sur la tarification France, Wise indique :
    • Carte : 7 € (frais uniques, pas d’abonnement).
    • Retraits gratuits : jusqu’à 2 retraits / mois et 200 € / mois, puis 1,75 % + 0,50 € par retrait au-delà.
    • Conversion : à partir de 0,47 % (selon devise).

Avantages

  • Transparence forte : tu vois combien coûte la conversion avant de valider.
  • Très solide si tu veux maîtriser ton taux et éviter les marges cachées.
  • Bien adapté aux familles : tu peux convertir et compartimenter ton budget de voyage “en devise”.

Inconvénients

  • Les retraits au-delà des seuils deviennent vite coûteux si tu utilises beaucoup de cash.
  • Ce n’est pas une app “abonnement” : donc certaines aides “premium voyage” (assurances, etc.) ne sont pas l’angle principal.

Astuce d’usage responsable

  • Wise brille quand tu privilégies la carte et que tu limites le cash. Si tu sais que tu vas retirer souvent, calcule vite : dépasser 200 € / mois et multiplier les retraits peut changer l’intérêt.

3) N26 — paiements en devises sans frais, mais attention aux retraits selon l’offre

N26 est très agréable en voyage pour un usage “je paie surtout par carte” : l’app met en avant le fait que les paiements par carte se font au taux Mastercard et sans frais cachés sur les paiements, y compris le week-end.

Le point important : les retraits en devises Selon le support N26 :

  • Les retraits en devises peuvent coûter 1,7 % sur certaines offres (Standard/Smart).
  • Les offres N26 Go/Metal annoncent des retraits en devises sans frais de change.

Avantages

  • Très bon si tu veux une carte “voyage” simple : payer partout et suivre tes dépenses.
  • Pilotage sécurité pratique (verrouillage, paramètres), et l’app est claire.

Inconvénients

  • Si tu retires beaucoup en monnaie locale avec une offre d’entrée, les 1,7 % peuvent annuler une partie de l’intérêt.
  • Les avantages “voyage” les plus complets dépendent souvent d’une offre payante.

Astuce d’usage responsable

  • Décide avant de partir : “plutôt carte” ou “plutôt cash”. Si tu es “plutôt cash”, vérifie si une offre avec retraits en devises sans frais vaut le coup pour ta période de voyage.

4) BoursoBank — paiements en devises gratuits, retraits gratuits… mais comptés

Si tu veux une solution très “France / banque en ligne” avec une app simple, BoursoBank est intéressante : l’aide en ligne indique que les paiements en devises sont gratuits sur ses cartes, et que les retraits en devises ont des quotas mensuels selon la carte.

D’après BoursoBank :

  • Welcome : 1 retrait en devises gratuit / mois, puis 1,69 % par retrait.
  • Ultim : 3 retraits en devises gratuits / mois, puis 1,69 %.
  • Metal : retraits en devises gratuits et illimités.

Avantages

  • Très bon pour “je paie tout par carte” : paiements devises annoncés gratuits.
  • Les quotas de retraits (Welcome/Ultim) suffisent souvent à une semaine/10 jours si tu retires intelligemment.

Inconvénients

  • Si tu retires “petit montant par petit montant”, tu vas exploser le quota et tomber sur les 1,69 %.
  • Toujours possible d’avoir des frais côté ATM local (indépendant de la banque).

Astuce d’usage responsable

  • Planifie 1 à 3 retraits maximum (selon ta carte), plutôt que 8 micro-retraits. C’est la différence entre “quasi zéro frais” et “frais récurrents”.

5) Trade Republic — surprenant en voyage : taux Visa, retraits gratuits (au bon montant)

Trade Republic est connue pour l’investissement, mais leur support carte donne deux infos très utiles pour voyager :

  • Sur les retraits : pas de frais Trade Republic au-dessus de 100 € (sinon 1 € si retrait < 100 €).
  • Sur le change : pour les retraits dans une autre devise, ils appliquent le taux de change Visa et indiquent ne pas facturer de frais supplémentaires de change.

Avantages

  • Simple à optimiser : tu retires au-dessus de 100 € quand tu as besoin de cash, et tu évites le “petit retrait” pénalisé.
  • Bon pour les profils qui veulent une carte “secondaire” de voyage, avec du suivi dans l’app.

Inconvénients

  • Ce n’est pas une app pensée d’abord “voyage” : l’expérience est moins orientée multi-devises que Wise/Revolut.
  • Tu restes dépendant des frais éventuels du distributeur local.

Astuce d’usage responsable

  • En voyage, fais-en une règle : jamais de retraits < 100 €, sauf urgence. Tu économises mécaniquement le 1 € récurrent.

Exemples concrets : combien tu peux économiser (sans te priver)

Exemple 1 — le retrait “classique” qui pique

Le Monde relaie un cas moyen pour une carte bancaire classique : 3,10 € + 2,40 %, soit 5,50 € de frais pour l’équivalent de 100 € retirés en devises.

  • Tu fais 4 retraits de 100 € sur le séjour : ≈ 22 € qui partent en frais.
  • Avec une app où tu as des retraits gratuits (dans certaines limites), ce budget peut rester dans ta poche… ou servir à des dépenses réelles.

Exemple 2 — les frais sur paiements en devises

Skyscanner France indique qu’en moyenne les frais de paiement à l’étranger varient entre 1,5 % et 3 % du montant.

Sur 1 200 € de dépenses carte hors zone euro :

  • À 1,5 % → 18 €
  • À 3 % → 36 €

Même si ton objectif n’est pas “zéro frais”, passer de 3 % à presque rien, c’est un vrai levier quand tu suis tes dépenses à l’euro près.

Conseils pratiques (ceux qui font gagner de l’argent et évitent les galères)

  • Toujours payer en monnaie locale (et refuser la conversion DCC).
  • Retirer moins souvent, et éviter les retraits “pour 20 €”.
  • Privilégier les distributeurs de banque (pas ceux isolés en zone touristique), et lire l’écran : si l’ATM annonce des frais, tu peux annuler.
  • Vérifier les blocages à l’étranger : la Banque de France rappelle que certaines banques peuvent bloquer par défaut des paiements/retraits hors UE, donc mieux vaut vérifier avant de partir.
  • Garder une carte de secours (idéalement d’un autre établissement) : si une app a un souci, ton voyage ne s’arrête pas.
  • Rester lucide sur le “zéro frais” : même si ton app ne prend rien, l’ATM local peut prendre quelque chose.

Tendances à connaître (2025–2026) : plus de transparence, plus de paiement mobile

  • Plus de transparence sur les conversions : au niveau européen, le cadre réglementaire a renforcé l’obligation d’afficher les coûts de conversion sous forme de majoration en pourcentage par rapport à un taux de référence, pour comparer plus facilement (Commission/Parlement européen, règlement UE 2019/518).
  • Le paiement mobile progresse vite : la Banque de France indique que le paiement par carte via mobile représente environ 10 % des paiements de proximité par carte (chiffres-clés OSMP 2023), ce qui change aussi les habitudes en voyage (moins de cash, plus de suivi temps réel).
  • Le “temps réel” devient la norme : notifications, catégorisation, blocage carte instantané… tout ça rend les frais visibles immédiatement, donc plus faciles à éviter.

Conclusion

Éviter les frais de change, ce n’est pas “chasser le centime” : c’est éviter de payer pour rien, surtout quand tu voyages en dehors de la zone euro. En pratique, les économies viennent de trois choses simples : refuser la DCC, choisir une app avec des règles claires, et respecter les limites de retraits/change. Avec Revolut, Wise, N26, BoursoBank et Trade Republic, tu as cinq approches différentes — à toi de choisir celle qui colle le mieux à ton style de voyage (carte, cash, ou mix).

Sources: